Après une vaste enquête de terrain citoyenne au Pays Basque nord menée dans 56 quartiers auprès de 753 personnes, Alda a constaté que près d’un locataire sur deux observe des signes d’humidité dans son logement (52,19 %) et que parmi ces locataires, 71,5 % déclarent avoir des problèmes de santé. L’association de défense des locataires appelle à une mobilisation des bailleurs sociaux, des communes et de l’Etat pour financer la rénovation du parc social, et prendre des mesures pour protéger les locataires. 

 

Enquête inédite 

 

L’enquête menée par Alda de janvier à février 2026 s’est déroulée sur 56 quartiers et résidences de 29 communes différentes, répartis de façon équilibrée sur le territoire et six bailleurs sociaux (Habitat Sud Atlantic (HSA), Office 64 de l’Habitat, Domofrance, Comité Ouvrier du Logement (COL), Erilia, CDC Habitat). 753 entretiens au total (pour 2600 portes toquées) ont été menés, par une équipe de 60 enquêteurs bénévoles. 

 

“Je suis obligée de refaire la peinture tous les 7 mois “ 

 

C’est à Bayonne qu’Alda a présenté les résultats de cette enquête lors d’une conférence réunissant des locataires touchés, et plusieurs experts : Fabien Squinazi (président de la commission environnement du Haut Conseil de la Santé Publique), Arnaud Bilande (membre de Carolocataires Ensemble, syndicat de locataires de Charleroi en Belgique, ayant mené un travail similaire), Léna Monville (médecin généraliste au centre de santé communautaire Zup Santé à Bayonne), Eric Toulouse (coordinateur de chantier, spécialiste de la rénovation énergétique et sanitaire) et Gaëlle Vincens (coordinatrice de la commission logement social d’Alda). 

 

L’humidité : un danger sous-estimé

 

Le rapport établit ainsi que : 

  • Un locataire sur deux observe des signes d’humidité dans son logement (52,19%).
  • Parmi les locataires se déclarant touchés par de l’humidité dans leur logement, 71,5 % déclarent avoir des problèmes de santé
  • Le rapport objective les conditions d’habitat des personnes rencontrées. La date de construction des résidences n’a pas de conséquence sur l’humidité : des bâtiments anciens mais réhabilités correctement n’ont pas de problèmes d’humidité. Des constructions neuves, mal réalisées, peuvent être fortement touchées.
  • Si 62,3 % des locataires rencontrés ont signalé le problème à leur bailleur social, seuls 20,6 %  d’entre eux estiment que la réponse de leur bailleur a eu un effet sur le problème signalé. 
  • Asthme, toux persistante, allergies, maux de tête sont parmi les premiers symptômes observés par les locataires ayant des problèmes d’humidité dans leurs logements. 46,3 % des locataires ayant des problèmes d’humidité et de santé estiment que leurs symptômes s’aggravent une fois chez eux. Pour Xx % des locataires ayant des problèmes de santé dans leur logement humide, un médecin a effectué un lien de corrélation avec l’habitat.

 

Se mobiliser pour agir 

 

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas parce que le Pays Basque est humide que la moisissure dans les logements est une fatalité : tous les logements du Pays Basque ne rendent pas malades” rappelle Gaëlle Vincens, coordinatrice de la commission logement social d’Alda qui présentait les conclusions du rapport. “Les problèmes d’humidité dans les logements ne relèvent pas que de problèmes individuels, comme on l’entend souvent. Oui, il faut aérer régulièrement son logement et prendre des mesures de précaution quotidienne : mais bien souvent les locataires font tout ce qu’ils peuvent et se retrouvent à vivre dans un logement qui rend malade. Car face à des logements mal conçus et vieillissants, la bonne volonté individuelle ne suffit pas.” dénonce-t-elle. 

 

Alda dresse ainsi au financement d’une réhabilitation d’ampleur du parc social vieillissant, et dresse une série de mesures concrètes devant être prises par les bailleurs sociaux, les collectivités et l’Etat : 

 

  • Financer massivement la rénovation des bâtiments 
  • Intégrer explicitement l’humidité et les moisissures dans les critères de décence des logement 
  • Mener une stratégie à l’échelle des bâtiments entiers, et non pas logement par logement notamment en inscrivant dans les Plans stratégiques du patrimoine (PSP) une stratégie de diagnostic et d’actions visant à améliorer les immeubles concernés et prioriser les résidences les plus en difficulté, en effectuant un diagnostic d’humidité avant attribution (notamment en cas de signalement antérieur), en améliorant la réactivité face aux signalements des locataires et en partageant les informations à leur disposition en toute transparence aux locataires.

 

Ensemble, on gagne !