Alors que l’avenir de l’encadrement des loyers est entre les mains des sénateurs qui discuteront du texte le mercredi 21 octobre, une longue file d’attente s’est formée ce matin devant la permanence du sénateur LR Max Brisson à Biarritz. Locataires et militants d’Alda sont venus porter les dossiers de ceux qui espèrent que le dispositif sera pérennisé et amélioré. 

Locataires en suspens 

Le risque de disparition de l’encadrement des loyers à la date échéance de son expérimentation le 24 novembre prochain fait planer une menace concrète sur la tête des milliers de locataires du Pays Basque : c’est le message que sont venus porter locataires et militants d’Alda ce matin à l’ouverture de la permanence parlementaire du sénateur Max Brisson.

Le bail de Jean, 80 ans, pour la maison qu’il loue à Saint-Jean-de-Luz afin d’être au plus proche de sa compagne hospitalisée suite à une hémorragie cérébrale, se renouvelle en 2027, soit après la date butoir de l’expiration de l’encadrement des loyers, alors qu’il paye 286 € de plus par mois que le loyer maximum fixé par l’encadrement des loyers

Même scénario pour Elea, 26 ans, qui paye à Anglet un appartement 100 € de trop mais dont le bail ne se renouvelle qu’en 2027 : il est trop tôt pour elle pour faire les démarches car elle doit attendre le renouvellement, avec la crainte qu’à ce moment-là, l’encadrement des loyers ne soit plus en vigueur.

Une mesure concrète pour le droit de vivre et se loger au Pays

Malgré ce qu’en disent les lobbies du secteur ou l’ultra-libéral ministre Jeanbrun qui s’y dit opposé, l’encadrement des loyers fonctionne. Depuis son entrée en vigueur au Pays Basque il y a 2 ans, le respect de la mesure progresse (+8 points en un an) et les locataires accompagnés par Alda qui ont pu faire valoir leurs droits ont obtenu une économie moyenne de plus de 2 000 € par an.

“C’est plus qu’un treizième mois !” remarque Lara Saget, porte-parole d’Alda. “Dans un contexte de crise du pouvoir d’achat, mais également de crise du logement à cause des prix tirés à la hausse, il serait incompréhensible qu’une mesure concrète et efficace comme l’encadrement des loyers puisse tout simplement disparaître. Les élus doivent tirer le bilan de l’expérimentation passée en l’améliorant pour éviter des abus comme ceux qui sont observés sur les compléments de loyer, mais également la pérenniser. Il ne faut pas non plus mettre de nouveau la mesure sur la sellette en la prolongeant simplement de deux ans, comme le réclament certains.”

Le rôle décisif des sénateurs 

La loi “pour retrouver la confiance et l’équilibre dans les rapports locatifs” portée par le député Echaniz et votée le 11 décembre 2025 en première lecture à l’Assemblée nationale, sera étudiée ce mercredi 14 octobre en Commission des Affaires économiques du Sénat et le mercredi 21 octobre en plénière. Elle prévoit de pérenniser mais aussi d’améliorer l’encadrement des loyers, par exemple en encadrant les compléments de loyer.

“Les sénateurs ont entre leurs mains l’avenir d’un dispositif essentiel pour les locataires, et notamment les locataires les plus modestes. Lorsqu’Alda lui avait demandé rendez-vous pour parler de cette loi, le sénateur Max Brisson s’était fendu d’une déclaration publique pour refuser de rencontrer l’association. Il refuse de rencontrer Alda, mais que fera-t-il le jour du vote pour tous les locataires du territoire qui ont besoin de cette protection pour trouver des logements à des loyers qui ne soient pas exorbitants ?” s’interroge Ainize Butron, porte-parole d’Alda.

L’association invite tous les sénateurs du territoire à défendre le droit de vivre et se loger au Pays en votant pour le texte proposé le 21 octobre au Sénat.