Page 3 – Municipales : des engagements pour le logement ! Que feront vos élus ? 
La crise du logement n’est pas une fatalité : à toutes les échelles, il est possible d’agir, et notamment au niveau des communes et des intercommunalités. Alors que les prix des logements et des loyers flambent, que les délais d’attente pour avoir une place en logement social sont extrêmement longs (27 mois), ce que feront ou non les futurs élus communaux et les futurs élus communautaires de la Communauté d’Agglomération Pays Basque (CAPB) aura des conséquences directes sur les habitants, les familles, les parcours de vie.
La plateforme Herrian Bizi-Se loger au Pays, qui réunit une trentaine d’organisations bataillant sur le logement a saisi l’occasion d’Auzolan, la journée du droit au logement organisée par Alda le 11 octobre dernier, pour publier un questionnaire destiné aux listes candidates et futurs élus du Pays Basque. Le but : permettre aux électeurs de savoir qui compte mener une politique volontariste et ambitieuse sur le logement. Vous avez envie de savoir comment se positionnent les listes candidates dans votre commune avant les élections qui se tiendront les dimanches 15 et 22 mars ? Les réponses seront mises en ligne au fur et à mesure qu’elles seront transmises à Herrian Bizi sur le site : http://herrianbizi.com/
Logement social. Un devoir, pas un pouvoir 
Respecter la loi
Au Pays Basque, 1 demande de logement social sur 12,5 aboutit, les délais d’attente sont les plus longs de Nouvelle-Aquitaine et ne font qu’augmenter chaque année. La situation est particulièrement critique car celles et ceux qui sont en attente d’un logement social ne peuvent pas non plus se loger dans le parc privé, où il manque de logements et où les prix explosent. Même si une partie de la solution vient de l’Etat et des moyens qu’il doit mettre pour produire et rénover le logement social, les mairies ne sont pas spectatrices ! Elles peuvent agir à différents niveaux : pour une partie d’entre elles, la loi dite “SRU” leur impose un quota de logements sociaux. Pourtant, au Pays Basque, sur les 16 communes soumises à cette loi, seule Bayonne respecte son quota de logements sociaux ! Les maires ont des outils entre leurs mains pour favoriser la production de logements : débloquer des financements, mettre des terrains à disposition, etc.
Sortir du clientélisme
Autre enjeu : assurer une totale transparence dans l’attribution des logements sociaux. On se souvient des grands scandales comme à Paris où le logement social a été utilisé par des élus malhonnêtes pour du copinage ou assurer leur pouvoir. Si les règles se sont renforcées, elles pourraient l’être encore plus. Par exemple, lorsque les dossiers des demandeurs de logements sociaux sont présélectionnés par l’office HLM et envoyés à la commune avant qu’ils ne soient examinés par la commission d’attribution, ceux-ci ne sont pas anonymes. La commune peut ainsi savoir qui précisément postule sur son territoire, et faire du favoritisme. Alda plaide pour l’anonymisation des dossiers, de la présélection par le bailleur HLM jusqu’à leur présentation en commission, pour que les situations soient évaluées sur la base de critères sociaux et objectifs.
Autre exemple : comment comprendre, comme Alda a pu le constater, que dans certains cas c’est le maire de la commune qui informe directement les locataires retenus qu’un logement social leur a été attribué ? … si ce n’est comme une volonté de laisser entendre que l’élu y est pour quelque chose dans ce choix, et méritera donc d’être récompensé dans les urnes ! Puisque c’est dans la commission d’attribution que se prennent ces décisions, c’est à elle d’en faire l’annonce. 
Enfin, s’il existe une telle commission pour attribuer les logements à louer, il n’y a pas de processus standard pour l’attribution des logements à acheter en accession sociale (que ce soit en Bail réel solidaire – BRS – ou en Prêt Social d’Accession Location – PSLA), ce qui crée une certaine opacité.
Alda, qui a été élue première association représentante des locataires HLM il y a 4 ans, travaille activement une série de recommandations concrètes pour améliorer la transparence dans la location et l’acquisition des logements sociaux !
C’est possible ! Les bonnes idées
Plusieurs communes du Pays Basque nord ont mis en place des mesures efficaces pour agir sur le logement. Quelques exemples :
Anglet, Bayonne, Biarritz, Bidart et Boucau ont interdit la construction de nouvelles résidences secondaires dans certains secteurs de leur territoire (1000 hectares sont concernés). Au Pays Basque, plus de 20 % des logements sont des résidences secondaires, alors que la population locale ne parvient pas à se loger.
Biarritz a assigné en justice plusieurs propriétaires fraudant le règlement de compensation instauré sur la zone tendue du Pays Basque pour stopper la transformation des logements à l’année en Airbnb permanents. Le contrôle et la sanction sont nécessaires pour faire respecter les lois !
Bidart atteindrait fin 2026 ses objectifs en termes de nombre de logements sociaux fixés par la loi SRU. Ce serait la 2e commune à respecter la loi, après Bayonne.
Boucau a fait un programme de construction de 146 logements uniquement sociaux, avec le COL et Office 64. Bien souvent, pour des raisons financières imposées par les promoteurs, les programmes de construction sont dits mixtes (une part de logements sociaux, et une part de logements locatifs classiques).
Itxassou a modifié son Plan Local d’Urbanisme (PLU) en respectant à la lettre les lois Montagne et Climat et Résilience. Résultat : 30 hectares de terres urbanisables en moins, afin de protéger les terres agricoles et naturelles. Une décision qui impose de faire des choix : la Mairie a décidé de développer le centre du village pour y renforcer le vivre-ensemble. Depuis, elle reçoit moins de permis de construire pour des piscines individuelles, les propriétaires préférant transformer leur terrain en habitat pour le logement de leurs proches.
Saint-Pierre-d’Irube a fait la traque aux logements vacants. Près de 12 000 logements sont vacants au Pays Basque nord.