Page 2 – Nos quartiers se bougent
Victoire au Séqué ! On l’a pas volet !
Au Séqué 1, à Bayonne, les habitants viennent de remporter une victoire importante. Après des mois de mobilisation, le bailleur social Habitat Sud Atlantic (HSA) s’est engagé, lors d’une réunion publique le mardi 15 novembre, à installer des volets roulants extérieurs sur l’ensemble des logements, d’ici fin 2026.
Un engagement qui n’allait pas de soi : ces logements avaient été livrés sans volets, alors qu’ils figuraient sur les plans initiaux. Résultat : des appartements qui se révélaient étouffants l’été et glacials l’hiver, rendant le quotidien invivable pour de nombreuses familles.
Face à l’inaction du bailleur et à des réponses souvent hors-sol – comme la proposition de simples stores intérieurs – les locataires se sont organisés. Réunions, interpellations publiques, témoignages, mobilisation collective : soutenus par Alda, les habitants ont tenu bon, mois après mois, jusqu’à ce qu’HSA reconnaisse le problème et annonce un investissement de 530 000 € !
Au-delà du confort, cette victoire est aussi une avancée écologique de bon sens : des volets extérieurs permettent de limiter la surchauffe des logements et de réduire le recours à la climatisation, donc la consommation d’énergie.
Au Séqué 1, la bataille des volets est loin d’être anodine. Elle rappelle que derrière chaque amélioration concrète, il y a des habitants qui font valoir leurs droits, de la persévérance et une solidarité qui fait la différence.
Grand Basque (Bayonne) : Pour un quartier mieux adapté
Dans le quartier du Grand Basque à Bayonne, se déplacer est un véritable parcours du combattant pour les personnes handicapées ou vieillissantes. Face à cette situation, le collectif « Mieux Vivre au Grand Basque avec Alda » se mobilise pour accélérer les changements.
Un quotidien semé d’obstacles
Les déplacements sont difficiles pour les fauteuils roulants, les poussettes ou les personnes âgées. Les trottoirs sans descentes pour fauteuils sont rares et il est impossible de circuler de front avec un accompagnant. Les arrêts de bus sont trop bas par rapport aux bus. Les portes d’entrées sont très lourdes. Il y a des trous dans les routes et des pavés en mauvais état sur les placettes. « Pour certains, chaque sortie est une épreuve, donc ils sortent moins et s’isolent », témoigne Elizabeth, une membre du collectif. Plusieurs accidents et chutes ont eu lieu ces derniers mois, entraînant des conséquences graves pour les personnes les ayant subies.
Interpellée par le collectif par des courriers et lors de deux rendez-vous, la mairie de Bayonne a annoncé le réaménagement des arrêts de bus côté bâtiments avec des trottoirs plus hauts et des abaissements. Elle a interpellé l’office HLM Habitat Sud Atlantic (HSA) pour rendre les placettes accessibles, car elles dépendent du bailleur social.
La réfection des arrêts côté parkings ou la pose de trottoirs restent en suspens, freinés par des questions de coût et de stationnement.
Il est important de rappeler que l’accessibilité des logements au vieillissement et au handicap se joue à l’intérieur des logements (changement de la baignoire en douche, réaménagement de l’espace, etc), mais aussi à l’extérieur : ascenseurs qui fonctionnent, rampes d’escalier aux normes, trottoirs accessibles, routes et accès piétons en bon état … Ces choses, auxquelles on ne pense pas quand on n’a pas ces problèmes-là, empoisonnent la vie des personnes concernées.
Mais dans certains quartiers, comme au Grand Basque, des habitants s’organisent pour que la vie soit un peu plus facile pour les voisins !
Urdazuri(Donibane Lohizune) : Garaipen kolektibo bat aparkatzeari buruz
Auzoko alokatzaileentzat aparkatzeko toki gehiagoren lortzeko mobilizatu den biztanle kolektiboa Herriko Etxearen ganik entzuna izan da. Beren zailtasunak azaldu dituzte eta eskakizunak adierazi 2025eko martxoan iragan den bilkura publiko batean.
Erantzun bezala, Herriko Etxeak karabanen uztea debekatzen duen seinaletika bat ezarri du eta, esperientzia gisa, eremu urdin bat finkatu 2025eko uda denboran (uztaila-agorrila). Aparkatzea 2:30ean mugatua zen, salbu ezaugarri bat zeukaten auzotegiko biztanleentzat, hauek autoa mugarik gabe utz baitzezaketen. Dispositiboak alokatzaileak loriatu ditu.
Esperimentazioaren bukaeran, Herriko Etxeak eta kolektiboak egoeraren azterketa egin dute bilkura batean. Hiriak baliabidea luzatu nahi du eta eremua zabaldu helduden udan. Alda Urdazurik ekain eta irailera hedatzea proposatu du ere, Herriko Etxeak ikertzen duen hautu bat. Aitzinamendu honek mobilizazio kolektiboaren eraginkortasuna agerrarazten du.
3 questions à Amina de ZUP Santé : Un centre de santé communautaire pour le droit à la santé pour toutes et tous
Rencontre avec Amina, assistante sociale dans le futur centre de santé communautaire de la ZUP qui do
it ouvrir ses portes début février.
1) Pouvez-vous vous présenter ce projet en quelques mots ?
ZUP Santé est un centre de santé communautaire associatif, à but non lucratif, qui sera implanté à la ZUP, à Bayonne. Il repose sur la conviction que tout le monde doit avoir accès à la santé. Les inégalités sociales de santé ne sont ni une fatalité ni une responsabilité individuelle. L’objectif est de permettre aux habitants d’avoir accès aux soins, en prenant en compte les conditions de vie, le contexte social, et la parole des habitants.
ZUP Santé s’inscrit dans une dynamique nationale de création de centres de santé communautaires. Partout en France, ces structures émergent pour répondre aux limites d’un système de santé qui laisse de nombreuses personnes à l’écart. Elles constituent des outils concrets de lutte contre les inégalités sociales de santé.
2) Pourquoi installer cette structure à Bayonne ?
Parce que dans les quartiers populaires comme la ZUP, l’accès réel aux soins reste profondément inégal. De nombreuses personnes renoncent aux soins, subissent des discriminations ou restent éloignées des dispositifs de prévention. Ces difficultés sont causées par des barrières sociales, administratives, financières et symboliques.
3) Et concrètement, ça va marcher comment ?
Concrètement, ZUP Santé s’appuiera sur une équipe salariée composée de trois médecins, d’une infirmière, d’une assistante sociale et d’un coordinateur. Les consultations seront réalisées sans dépassement d’honoraires, avec un tiers payant intégral, afin de lever les freins financiers. La démarche communautaire repose sur l’écoute, la reconnaissance de l’expertise des patients et des habitants sur leur santé, et l’articulation entre soins, prévention et accompagnement social.
Le centre développera aussi des ateliers, espaces d’échange et temps de discussion entre habitants, afin de renforcer le pouvoir d’agir et de lutter concrètement contre les inégalités sociales de santé.