Alda a dénoncé aujourd’hui les pratiques des deux dirigeants des “Ateliers de la Côte”, espace événementiel à Biarritz qui a pratiqué pendant plusieurs mois une activité de “coliving” dans des conditions frauduleuses inacceptables. L’association de défense des locataires appelle à la fin de ces pratiques illégales et exige le remboursement immédiat des dépôts de garantie des locataires lésés.
Coliving = colossale arnaque
C’est rue de Vauréal à Biarritz, à deux doigts de la Côte des basques, que plusieurs locataires ont été victimes des pratiques abusives des gérants des “Ateliers de la Côte”. Ce lieu qui se présente tout à la fois comme une “résidence d’artistes” dans des ateliers dédiés, espace événementiel et coworking, a également abrité un “coliving”.
“Derrière l’apparence d’un lieu branché, c’est une toute autre réalité qu’ont rencontrée les locataires, souvent étudiants, précaires et sans solution alternative pour se loger.” explique Xebax Christy, porte-parole d’Alda. Une locataire en formation à Biarritz a témoigné des conditions qu’elle a découvertes en entrant dans le coliving : certaines chambres sans ouverture sur l’extérieur, aucune isolation phonique, des parties communes inadaptées comme la douche partagée qui ne fermait pas à clé. Face à ces conditions, elle a décidé de quitter le logement au bout de deux jours, ce qui l’a mise dans une situation financière et matérielle particulièrement difficile pour le reste de sa formation. Depuis son départ en octobre 2025, elle n’a toujours pas récupéré sa caution de 490 €, ni le loyer qu’elle avait versé pour une location ne correspondant pas à ce qui lui avait été décrit, et qu’elle a immédiatement quittée, soit un montant total de 704,50 € !
Pratiques inacceptables
L’association de défense des locataires a investigué sur les deux dirigeants des Ateliers de la Côte, Jean-Claude Chicha et Yves Clémot, et s’est rendue compte que ceux-ci ont multiplié les pratiques abusives au sein des Ateliers de la Côte :
- Mise en location de logements qui ne remplissent pas les critères de décence (chambres n’ayant aucune ouverture sur l’extérieur, etc)
- Ces logements ont été mis en location alors que le bâtiment est déclaré à usage commercial et industriel, et non à usage d’habitation
- Les loyers pratiqués étaient abusifs (490 € hors charges pour une chambre d’environ 10 m2 et des espaces communs sous-dimensionnés)
- Les dépôts de garantie n’ont pas été restitués dans le délai légal d’un mois après le départ des locataires.
D’après les informations d’Alda, tous les locataires en place ont été congédiés en mai.
Encadrer le coliving
Devant les commentaires d’encouragement de certains voisins, les membres de l’association ont renommé le local “Ateliers de la fraude” et ont placardé sur la vitrine les multiples fraudes dont se rendent coupables les deux gérants. Joints par téléphone, ceux-ci n’ont pas répondu à Alda.
L’association exige la restitution immédiate des dépôts de garantie et l’engagement des dirigeants à ne pas relouer dans ces conditions abusives. L’association a signalé la situation au Comité de lutte contre les baux frauduleux.
Si certains locataires ne disposaient même pas de baux de location, les autres signaient un “contrat de prestation de services”, type de contrats généralement utilisé dans le cadre des coliving.
“Le coliving se développe sur fond de tension du marché du logement, et avec lui bon nombre de pratiques frauduleuses. Cela s’apparente à de véritables colocations forcées : les locataires acceptent de louer des biens à la chambre faute de logement disponible, et se retrouvent dans des conditions inacceptables (baux précaires, logements qui dans certains cas peuvent légalement déroger à l’encadrement des loyers, etc). Un plus grand encadrement de ces pratiques est nécessaire pour protéger les locataires.” estime Ainize Butron, porte-parole d’Alda.
L’association lance un appel à témoins pour tous les locataires ayant été victimes des Ateliers de la Côte, et les invite à contacter Alda : 07 77 88 89 23, info@alda.eus.