Qui a dit que le règlement de compensation (mettant fin à la vampirisation des logements à l’année par les meublés de tourisme type Airbnb) ne permettait pas le retour des logements à l’année ?
Eve (son prénom a été modifié) peut en témoigner : dans sa résidence, “𝘤’𝘦𝘴𝘵 𝘭𝘢 𝘱𝘳𝘦𝘮𝘪𝘦̀𝘳𝘦 𝘧𝘰𝘪𝘴 𝘥𝘦𝘱𝘶𝘪𝘴 25 𝘢𝘯𝘴 𝘲𝘶𝘦 𝘤𝘪𝘯𝘲 𝘢𝘱𝘱𝘢𝘳𝘵𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵𝘴 𝘴𝘶𝘳 𝘴𝘪𝘹 𝘴𝘰𝘯𝘵 𝘩𝘢𝘣𝘪𝘵𝘦́𝘴 𝘢̀ 𝘭’𝘢𝘯𝘯𝘦́𝘦”. Sa mère est souletine, son père béarnais, et elle travaille à Bayonne. Mais Eve est bel et bien Luzienne, depuis 25 ans. Elle qui travaille dans la culture voit bien sur le terrain les difficultés à se loger : quand il faut recruter, c’est la première chose qu’elle demande, “𝘭𝘦 𝘭𝘰𝘨𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵, 𝘤’𝘦𝘴𝘵 𝘭𝘦 𝘱𝘳𝘰𝘣𝘭𝘦̀𝘮𝘦 𝘯𝘶𝘮𝘦́𝘳𝘰 𝘶𝘯, 𝘶𝘯 𝘷𝘳𝘢𝘪 𝘤𝘢𝘴𝘴𝘦 𝘵𝘦̂𝘵𝘦”, même pour des salaires au-dessus du SMIC. Pour elle, “𝘪𝘭 𝘧𝘢𝘶𝘵 𝘵𝘳𝘰𝘶𝘷𝘦𝘳 𝘭’𝘦́𝘲𝘶𝘪𝘭𝘪𝘣𝘳𝘦 𝘦𝘯𝘵𝘳𝘦 𝘭𝘦 𝘵𝘰𝘶𝘳𝘪𝘴𝘮𝘦 𝘦𝘵 𝘭𝘢 𝘷𝘪𝘦 𝘭𝘰𝘤𝘢𝘭𝘦, 𝘤𝘦 𝘯’𝘦𝘴𝘵 𝘱𝘢𝘴 𝘯𝘰𝘳𝘮𝘢𝘭 𝘲𝘶’𝘰𝘯 𝘯’𝘢𝘳𝘳𝘪𝘷𝘦 𝘱𝘢𝘴 𝘢̀ 𝘭𝘰𝘨𝘦𝘳 𝘭𝘦𝘴 𝘨𝘦𝘯𝘴 𝘤𝘰𝘳𝘳𝘦𝘤𝘵𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵. 𝘭𝘭 𝘧𝘢𝘶𝘵 𝘲𝘶𝘦 𝘵𝘰𝘶𝘵 𝘭𝘦 𝘮𝘰𝘯𝘥𝘦 𝘴’𝘦𝘯𝘨𝘢𝘨𝘦 : 𝘭𝘰𝘤𝘢𝘵𝘢𝘪𝘳𝘦𝘴, 𝘱𝘳𝘰𝘱𝘳𝘪𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘳𝘦𝘴, 𝘤𝘰𝘭𝘭𝘦𝘤𝘵𝘪𝘷𝘪𝘵𝘦́𝘴, 𝘦́𝘭𝘶𝘴”.
Passionnée de culture, elle raconte l’histoire de la maison où elle vit et à laquelle elle tient. Cette grande bâtisse, quartier du Lac, a toujours été séparée en plusieurs petits appartements. Elle a abrité dans les années 1920 des demoiselles de maisons qui travaillaient pour les grandes demeures du quartier. Dans les années 70, les pêcheurs y logeaient quand les bateaux étaient au port. Petit à petit, la maison s’est coupée de son histoire : jusqu’à peu, la plupart des appartements étaient occupés seulement l’été ou mis en location sur Airbnb.
Mais depuis 2024, cinq des six logements sont de nouveau habités à l’année. Elle le raconte avec reconnaissance. Après le Covid, sa fille souhaitait revenir à Saint-Jean-de-Luz, et, coup de chance, elle vit aujourd’hui dans la même maison. Un autre appartement s’est vendu, et il est occupé par son propriétaire. Deux autres logements ont été remis en location à l’année. Pour Eve, le règlement y est pour beaucoup. Résultat : cinq logements habités toute l’année, ce n’était pas arrivé depuis 25 ans.
Aujourd’hui, elle se réjouit : “𝘪𝘭 𝘺 𝘢 𝘥𝘦 𝘯𝘰𝘶𝘷𝘦𝘢𝘶 𝘥𝘦𝘴 𝘦𝘯𝘧𝘢𝘯𝘵𝘴 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘤𝘦𝘵𝘵𝘦 𝘳𝘶𝘦, 𝘤’𝘦𝘴𝘵 𝘭𝘦 𝘨𝘳𝘢𝘯𝘥 𝘣𝘰𝘯𝘩𝘦𝘶𝘳”. Elle prépare sa retraite et nous l’assure, si un jour elle doit partir, elle fera en sorte que cet appartement ne reste pas vide.