Charlène Cazenave a 28 ans. Sa famille est de Bayonne et Charlène vit actuellement à Bordeaux. Elle est française, née de père et de mère français, mais n’a pas de documents d’identité français (1).
De ce fait, elle ne peut pas obtenir de carte vitale, avoir un chéquier, cotiser pour sa retraite, s’inscrire à Pôle Emploi, passer le permis de conduire, sortir de France, s’abonner chez un opérateur téléphonique, se marier ou se pacser, ou tout simplement voter ! Charlène est condamnée à une vie d’apatride, privée de la plupart de ses droits fondamentaux.
Suite à des erreurs dans son acte de naissance délivré par les autorités camerounaises (Charlène est née au Cameroun), elle a dû parcourir un véritable marathon judiciaire et administratif d’une dizaine d’années pour enfin réussir, en 2017, à ce que le Tribunal de grande instance de Bayonne fasse enfin établir un acte de reconnaissance modificatif, permettant à Charlène d’adresser une nouvelle demande de certificat de nationalité française. Malgré cela le marathon a continué, jusqu’en septembre 2019 où le tribunal de grande instance de Bordeaux a sollicité que des vérifications soient faites avant de délivrer ce fameux certificat de nationalité française.