Habas, 4 ans à faire entendre la voix des habitants

À Bayonne, dans le quartier de Habas, le collectif Alda Habas existe depuis le mois de septembre 2022. Il est né, comme souvent, d’une accumulation de problèmes du quotidien et d’un sentiment partagé : l’impression d’être délaissés par les institutions. Humidité dans les logements, cafards, dégradations des espaces communs, manque d’aménagements… autant de situations vécues individuellement, mais rarement traitées collectivement. Depuis que le collectif s’est lancé, les choses changent. 

Les premières étapes ont consisté à aller frapper aux portes, discuter, écouter, relier entre elles des expériences isolées. Ce travail de terrain a fait émerger des préoccupations communes. Petit à petit, des habitants se sont impliqués, des réunions se sont mises en place, et une dynamique a vu le jour. Les premières victoires, comme le retour d’une boîte aux lettres de la Poste en octobre 2022, ont joué un rôle déterminant. Ces résultats concrets ont renforcé la crédibilité du collectif et encouragé de nouvelles personnes à s’impliquer.

 

L’humidité, fléau du quartier

Très vite, un sujet s’impose comme central : l’humidité. Dès 2023, un travail d’enquête à l’échelle du quartier permet d’identifier une centaine de logements touchés, parfois gravement. Moisissures, infiltrations, problèmes de ventilation : derrière ces constats, ce sont des conséquences concrètes pour les habitants, notamment sur la santé, avec des cas d’asthme ou de pathologies respiratoires. 

Face à l’absence de réponses du bailleur, le collectif franchit un cap en janvier 2024 : une quarantaine de personnes occupent le siège d’Habitat Sud Atlantic pour exiger des solutions. Munis de photos, de dossiers et même de parapluies pour dénoncer ironiquement leurs conditions de vie, ils obtiennent finalement un engagement à venir constater la situation et à programmer des travaux. Des travaux intermédiaires ont été entrepris en attendant la réhabilitation d’une partie du quartier en 2028 et l’autre partie en 2031. Sur certains appartements et immeubles test, l’installation de VMC et la pose de drains en pied de façade ont eu lieu. 

 

Force collective

Cette action marque un tournant : elle montre que la mobilisation collective peut résoudre des blocages installés depuis des années. Malheureusement les travaux de réhabilitation complète du quartier, tant attendus par les habitants, ont été repoussés à 2029 pour Habas la Plaine et 2035 pour Habas Ginsburger. La mobilisation ne doit donc pas faiblir !  Une grande enquête sur l’humidité au Pays Basque nord, menée début 2026, a permis de montrer qu’Habas est loin d’être un cas isolé. 

En janvier 2026, l’incendie survenu dans un immeuble du quartier a aussi constitué un tournant. Face à une situation critique – relogements partiels, inquiétudes sur la sécurité de la structure et sur la qualité de l’air respiré dans les parties communes et diffusé dans les appartements via les conduits de ventilation pollués par la fumée de l’incendie – le collectif s’est fortement mobilisé. Courriers aux bailleurs, interpellations de la mairie, contacts avec les services d’hygiène et de sécurité : en quelques jours, Alda Habas est devenu un interlocuteur central, et a déjà obtenu un second nettoyage de décontamination ainsi que l’avancement du ramonage annuel. Preuve qu’en étant organisés et structurés, nous pouvons réagir vite face aux urgences !  

 

Redynamiser le quartier

Parallèlement aux luttes, le collectif a su construire une véritable vie de quartier. Organisation des fêtes d’Habas, qui avaient disparu depuis plusieurs années, chasses aux œufs, moments conviviaux : ces événements jouent un rôle essentiel pour créer du lien, et encourager de nouveaux habitants à prendre part à la vie du quartier.. 

Aujourd’hui, Alda Habas est reconnu comme un collectif actif, capable de mobiliser et d’obtenir des résultats. Il multiplie les thématiques sur lesquelles il agit : organisation d’évènements, humidité, lien avec les habitants de différents bâtiments où des nuisibles prolifèrent, suivi des travaux d’aménagement du terrain de basket, incendie, relations avec les bailleurs et demande de réalisation de petits travaux d’aménagement dans les logements, sur les parking (trous) et au pied des immeubles (marches dégradées)… Le quartier est entre de bonnes mains : celles de ses habitants !