Témoignage de Stéphanie* de Saint-Jean-de-Luz

Le règlement de compensation mettant fin à la transformation des logements à l’année en meublés de tourisme type Airbnb a déjà plus de trois ans… mais il ne faut pas oublier pourquoi les habitants et élus du Pays Basque l’avaient réclamé ! Rappelons nous, par exemple, qu’entre 2016 et 2020 nous avions perdu près de 10 000 logements transformés en locations touristiques. C’est énorme pour un territoire comme le nôtre. La mobilisation paye car aujourd’hui, nous avons stoppé l’hémorragie, et peu à peu, nous récupérons nos logements pour pouvoir y habiter. 

C’est le cas de Stéphanie*, qui vit aujourd’hui à Saint-Jean-de-Luz dans un logement loué auparavant en location courte durée. Suite à une séparation, elle a dû quitter sa maison, dont elle était devenue propriétaire dans les années 90. “Aujourd’hui, jamais je ne pourrai être propriétaire. Avec l’explosion des prix, je me demande si mes filles pourront jamais revenir habiter ici un jour.”  regrette-t-elle. 

En 2024, Stéphanie se retrouve donc dans la jungle du parc locatif : peu d’offres, trop chères, voire trompeuses. Elle se souvient de ce jour où elle s’est rendue à une visite d’appartement, présentée sur le site à 1180€ par mois. Mais lors de la visite, l’agent lui a annoncé que c’était le “tarif courte durée”, et que si elle voulait louer à l’année, c’était plus cher : 1265€. “C’est quand même dingue que ce soit plus cher pour les locaux !”.  En plus du loyer salé et de la démarche plus que douteuse, Stéphanie tombe des nues.

À force de persévérance, elle finit par obtenir une visite pour un appartement, qu’elle avait repéré depuis longtemps. Aujourd’hui, elle y vit depuis un an et demi, et en est très contente. C’est au détour d’une conversation avec des touristes habitués qu’elle apprend que ce logement leur était auparavant loué l’été en courte durée. Elle salue son propriétaire, qui, sûrement poussé par le règlement anti-airbnb, a remis ce logement en location à l’année et à un prix décent. “S’il n’y avait pas eu cette loi, je n’aurais jamais eu cet appartement. Le règlement de compensation a changé la donne!” 

*le prénom a été changé