Je rendais service

Dans la série “C’est trop injuste que je doive respecter les lois, je fraudais juste pour rendre service”, les colocataires Mélaine et Aurore* ont eu droit à un bon numéro. En septembre, elles emménagent dans un appartement de 50 m2 à Anglet qu’elles payent 1100 € par mois. Elles contactent très rapidement Alda car leur contrat indique qu’elles doivent partir de l’appartement fin mai. Leur propriétaire souhaite en effet louer son bien comme meublé de tourisme au prix fort pendant l’été, leur précisant au passage qu’elles pourraient rester si elles s’alignaient sur ces prix… Le règlement de compensation, qui protège les logements à l’année face au tsunami Airbnb, autorise la mise en location d’un logement comme meublé de tourisme si celui-ci est loué à l’année par des étudiants. Un détail pour ce propriétaire véreux qui savait pertinemment que l’une des colocataires n’était pas étudiante… et qu’il n’avait pas l’autorisation de louer ! Comme tant d’autres, ces locataires n’avaient pas eu le choix que d’accepter des conditions inacceptables, faute d’autres logements disponibles. 

Alda s’empare alors du dossier et constate que le propriétaire n’en est pas à une fraude près : le loyer ne respecte pas l’encadrement des loyers, et les colocs devraient payer 265 € de moins par mois ! Contacté, il se justifie : sans ces revenus locatifs en Airbnb, impossible pour lui de faire face aux frais de cet appartement. Celui dont l’entreprise qu’il dirige dans le secteur de l’import alimentaire affiche un chiffre d’affaires de 79 millions nous prend visiblement pour des jambons. Heureusement, l’histoire ne terminera pas en eau de boudin : sous la pression d’Alda, Mélaine et Aurore seront remboursées de 1325 € de trop-perçus, verront bien leurs loyers diminuer de 132,5 € chacune. 

 

*Les prénoms ont été changés